Et si je vous parlais d’un Œuf ?

Visualisation du spectre des ondes électromagnétiques, fréquence émotionnelle, violet foncé, orange, bleu électrique, art abstrait des données, fond sombre, style cinématographique, sans texte ni personnages, hyperréalisme

Avant d’entrer dans les personnages, il fallait poser un dernier fondement. Et il y a une question que l’article précédent laissait en suspens : Les Émotions.

Car si la magie est la loi du monde – si tout n’est qu’énergie, si le voyage entre les mondes est une translation d’état, si la mémoire est une inscription qui se conserve -, alors que deviennent nos émotions à l’intérieur de ce monde ?

Une question inévitable car, que serait une grande saga sans elles ? Que serait une vie sans elles ?

Il fallait que les émotions soient partie prenante du concept. Pas comme un ornement narratif. Comme une conséquence logique du postulat.

Il y a une citation de Tesla qui revient souvent, parfois mal attribuée, parfois sortie de son contexte : « Si vous voulez trouver les secrets de l’univers, pensez en termes d’énergie, de fréquence et de vibration. »

Je ne sais pas exactement dans quel contexte il l’a prononcée. Mais elle résonne formidablement avec mon univers quand on la prend au sérieux – non pas en tant que formule mystique, mais comme un programme.

Les émotions ont une fréquence

Ce n’est pas une métaphore.

Un électroencéphalogramme mesure des ondes électriques produites par les neurones. Ce fait est indiscutable – c’est la base de la neurologie moderne. Mais une théorie plus récente, proposée par le généticien Johnjoe McFadden de l’université de Surrey, va plus loin : la conscience elle-même serait issue d’un champ électromagnétique généré par ces mêmes neurones lorsqu’ils s’activent. Un champ réel, mesurable, qui se propage à travers le tissu cérébral et constitue ce que nous appelons l’expérience subjective.

Si cette hypothèse tient – et elle est sérieusement débattue dans la littérature scientifique -, alors nos pensées et nos émotions ne sont pas seulement des réactions chimiques. Ce sont des modulations d’un champ d’énergie. Des fréquences. Des états vibratoires distincts, qui ne se ressemblent pas, qui ne s’annulent pas, et qui interagissent avec ce qui les entoure.

La colère est une fréquence. La joie en est une autre. La peur, la tendresse, le deuil – chacun a son spectre propre.

De façon amusante, les couleurs sont une fréquence et nos émotions sont souvent associées à une couleur.

Je n’affirme pas que la science a tranché. Elle ne l’a pas fait. Mais elle a ouvert la porte – et moi, j’ai décidé que ma saga explorerait l’un des chemins qui s’ouvrait derrière.

Le cerveau comme émetteur - et la mémoire comme signal

Voici où ça devient vertigineux.

Si le cerveau est un générateur d’ondes électromagnétiques, et si les émotions sont des modulations de ces ondes, alors la mémoire n’est peut-être pas ce que nous croyons qu’elle est.

Nous pensons à la mémoire comme à un stockage. Des fichiers quelque part dans les neurones. Des traces gravées dans la matière. Mais une autre façon de la concevoir – plus étrange, plus belle, et tout aussi défendable – serait de penser la mémoire comme un signal. Un signal émis, reçu, modulé.

Un récepteur radio ne stocke pas la musique. Il entre en contact avec une fréquence qui existe indépendamment de lui.

Et si la mémoire fonctionnait ainsi ? Si le cerveau, en générant ses ondes, entrait en résonance avec quelque chose d’extérieur à lui – les émanations de ce plan qui absorbe et retient toute information, évoqué dans l’article précédent ? Pas un stockage intérieur, mais une connexion. Un accord possible ou impossible selon l’état dans lequel on se trouve.

C’est une interprétation. Pas une vérité établie. Mais c’est une interprétation cohérente avec les deux hypothèses précédentes – et c’est précisément ce type de cohérence que j’ai cherché à construire dans mon univers : des règles qui tiennent ensemble, même quand elles dépassent les frontières du démontrable.

Ce que l'Œuf d'Andy Weir m'a appris

Il y a une nouvelle d’Andy Weir – L’Œuf – que je conseille à quiconque veut comprendre pourquoi je suis passionné par la création d’univers alternatif.

Pour ceux qui ne l’aurait pas lu ou vu, je vous invite à le faire avant de poursuivre car mon résumé en suivant ne pourra jamais vous retranscrire la beauté de l’original et vous priverait d’une belle découverte.

En résumé, de quoi s’agit-il ? Un homme meurt dans un accident de voiture et rencontre quelque chose qui ressemble à Dieu. Ce dernier lui explique que toutes les vies humaines – passées, présentes, futures – ne sont que les incarnations successives d’une seule et même âme ; la sienne. Que lorsqu’il a blessé quelqu’un, c’était lui-même qu’il blessait. Que lorsqu’il a aimé, c’était aussi à lui-même qu’il offrait cet amour.

Je dois vous dire que cette courte histoire, vision alternative de notre monde, provoque toujours autant d’émotions et d’émerveillements en moi à chaque fois que je la vois.

Weir a dit qu’il avait écrit cela en quarante minutes. Qu’il ne savait pas trop pourquoi. Que cela ne représentait pas ses propres croyances – il voulait simplement imaginer un monde où la vie serait juste, au fond.

Peu importe. Ce qui m’a saisi dans cette nouvelle, ce n’est pas la thèse en elle-même. C’est la possibilité vertigineuse de donner un sens complètement différent à notre vie au travers d’un « et si ». La façon dont un narratif différent – pas plus vrai, pas moins vrai que celui que nous connaissons – change radicalement ce que l’on voit quand on regarde les mêmes choses.

Le même univers. Une autre grille de lecture. Et soudain, tout le sens se réorganise.

La beauté du monde tient à nos narratifs

C’est peut-être la conviction la plus profonde que j’ai en tant qu’auteur.

Le monde ne s’explique pas. Il se raconte. Et selon comment on le raconte, il devient différent – pas dans ses faits, mais dans ce qu’il signifie, dans ce qu’il nous fait ressentir, dans ce qu’il nous donne envie de faire.

Un atome n’est que vibration. Une émotion n’est qu’une fréquence. Un souvenir n’est peut-être qu’un accord entre un cerveau et quelque chose de plus vaste que lui. Ces formulations ne sont ni prouvées ni réfutées. Ce sont des narratifs – des façons de mettre en récit ce que la physique laisse comme marge d’interprétation sans jamais le raconter.

Et un narratif peut être faux comme vérité scientifique, mais juste comme vérité humaine.

C’est exactement ce que fait la fantasy.

Elle ne prétend pas décrire le réel. Elle propose une grille de lecture alternative – des mondes où les règles sont différentes, où les forces en présence ont des noms, où ce que nous pressentons sans pouvoir le formuler trouve enfin une forme. La meilleure fantasy ne s’évade pas de la réalité. Elle la traverse autrement.

Dans les Chroniques Chaotiques, la magie est une physique. Les émotions ont une fréquence. La mémoire est un signal. Ces choix ne sont pas là pour impressionner. Ils sont là parce que je crois – vraiment – que le monde est plus riche que ce que nous en voyons.

Et qu’un roman est l’un des rares endroits où l’on peut le montrer.

Et vous, avez-vous déjà vu, lu ou entendu une vision alternative de notre monde qui vous a fait relever la tête et être subjugué ?

Le tome 1 sort cette année. Si vous voulez être informé avant tout le monde – et recevoir les coulisses de la saga – c’est ici.

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